La filière LEA (Langues Etrangères Appliquées aux affaires et au commerce) de l’Université de Perpignan, créée il y a déjà près de quarante ans, a souvent été pionnière dans un certain nombre de domaines : professionnalisation, nouvelles technologies, tourisme, traductorat-interprétariat, commerce transfrontalier, relations Europe du Nord-Europe du Sud,… Elle s’est donc tout naturellement investie dans les relations transpyrénéennes en offrant le catalan en spécialité majeure (combinaisons Catalan-Castillan, Catalan-Anglais et Catalan-Allemand) ou complémentaire (Langue 3) ; elle a par ailleurs développé au fil des ans (notamment pour assurer des stages de qualité à ses étudiants) un large réseau de relations internationales.
Mais il semblerait bien que le Département L.E.A. de la Faculté de Lettres et Sciences Humaines ait désormais intégré la liste noire de la direction de l’UPVD : suppression du catalan comme spécialité, menaces sur l’enseignement de l’allemand, contraction des relations internationales,… au point d’amener l’équipe enseignante, indignée par une avalanche de décisions brutales et tardives et l’absence totale de concertation, à entamer une grève pédagogique et administrative.
Si certains ont pu en être surpris, d’autres avaient déjà senti le vent tourner. L’administrateur provisoire de l’IFCT (Institut Franco-Catalan Transfrontalier) n’avait-il pas déclaré à plusieurs reprises (et par écrit) que son institut devrait avoir le « monopole » des études catalanes, dans la perspective de la création d’une Licence ETC (Etudes Transfrontalières et Catalanes) et d’un nouvel institut, l’ICETT (Institut Catalan d’Etudes Transfrontalières et Touristiques) issu de la fusion de l’IFCT et des ruines de la filière Tourisme-Hôtellerie de la Faculté STHI (Sports Tourisme Hôtellerie Internationale) destinée à être démantelée (faculté dont ce même administrateur provisoire est aussi le doyen).
La reforme universitaire (LRU) a été souvent perçue comme une mise en concurrence des établissements. Mais ce que nous avons là est encore pire : c’est une mise en concurrence, en interne, de composantes d’un même établissement. De toute évidence, les responsables du futur ICETT – appuyés par la direction de l’UPVD - semblent avoir considéré que le Département LEA était susceptible de faire de l’ombre au conglomérat quelque peu hétéroclite qu’ils cherchaient à imposer à la hussarde (ce qui a provoqué, par ailleurs, une réaction de l’équipe pédagogique de la Licence de Catalan).
Nous avions déjà eu droit à une campagne publicitaire pour le moins racoleuse, du style « réclame » à l’ancienne – que certains ont même pu considérer comme mensongère (cf. posts du 5 et du 8 juin 2011). Comme si cela ne suffisait pas, voilà que l’on passe maintenant à la mise à mort de victimes expiatoires censées représenter l’ « ennemi » du clan - thématique déjà récurrente du temps de l’ancienne direction de l’IFCT. Décidemment, à l’UPVD, on n’arrête pas le progrès….
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